Le siège de Géant

Le siège de Géant
Une merveille des monts Kabyè

samedi 30 mai 2009

Des espaces où la vilaine main de l'homme n'a pas encore tout saccagé (suite)

Ici de petites plantes inconnues avec des fruits tout blancs. Eh ben, je n'ai pas pris le risque d'en goûter.
Des arbustes qui offrent une fraîcheur reposante.
Les fleurs blanches d'herbes sauvages dans un champ non encore labouré. En arrière plan les trois baobabs séculaires.
L'un des baobabs
Deux pierres complices.

Des espaces où la vilaine main de l'homme n'a pas encore tout saccagé

De temps en temps pour échapper à la dépression qui nous guette au quotidien dans notre boulot, des collègues Educateurs et moi consacrons une journée par mois pour parler de tout et de rien, rigoler ou effectuons des sorties vers des villages voisins. Jeudi dernier, on s'est offert une virée dans les montagnes de Lassa (un canton de Kara), sur une colline à Kétao et nous sommes même allés jusqu'à la frontière Togo - Bénin. Voici quelques photos de cette ballade bienfaisante qui éloigne un moment de la pression boulotique. N'accordez aucune attention à ce mot. Car il faut souvent faire des enfants, (bâtards ou baptisés par l'Académie, qu'importe) à cette langue française. Alors je lui en colle un de bâtard ce matin, ne l'ayant trouvé dans aucun dictionnaire.
J'ai retrouvé des arbustes de mon enfance. (ici le Gardenia Spp)

Des baobabs sur la route de Landa (un autre canton de Kara) taisent difficilement leur âge

C'est agréable d'admirer toutes ces collines qui cachent des habitations rustiques.

samedi 23 mai 2009

C'est un cri que nous devons entendre


Si nous pouvions écouter le cri de cette bouche ouverte pour toute la violence que l’homme inflige à la nature, il est bien des angoisses de serre et de soucis de réchauffement qu’on s’éviterait. Si nous pouvions écouter les gémissements de cette bouche violentée par les mains humaines, le désert ne serait plus une frayeur, la fonte des glaciers, une angoisse. Mais l'homme n'en fait qu'à sa tête, s'il se trouve qu'elle lui sert encore à quelque réflexion.

vendredi 22 mai 2009

La nature est un phare: soyons en ses gardiens.


Regarder les arbres, les grands et les petits, regarder les herbes, les vertes et les sèches, s’extasier devant les fleurs, regarder les insectes, les plus ordinaires et les plus curieux…, regarder cette « horloge », selon le mot de Voltaire et ne pas s’incliner de respect pour son mystère et sa sacralité, relève d’une petitesse d’esprit chez l’homme.

Secouer les mémoires pour rendre témoignage à nos pères esclaves


Après la lecture d'Esclaves de Kangni Alem, il m'est venu à l'idée de renvoyer les lecteurs de mon blog sur l'histoire de l'esclavage. Ils doivent par exemple connaître le "Code noir" qui a régi le système esclavagiste pendant plusieurs siècles. Car nous devons commencer "l'apprentissage de la mémoire" (titre d'une pièce de théâtre de Kagni Alem), pas pour quelques actions vandales, mais pour que les mémoires n'oublient pas. Pour que les coeurs et les mémoires ne se disloquent en vainnes colères.

Je voudrais aussi rappeler l'appui que la très sainte église catholique a donné au système esclavagiste. Je renvoie les bloggeurs à ce lien sur le pape Nicolas V qui "le 08 janvier 1454, de son vrai nom Tommaso Parentucceli <1398-1455>, 206ème pape, écrit au souverain du Portugal Alphonse V une bulle papale spéciale l’autorisant à soumettre en esclavage les nègres de Guinée et les païens. Cette position de l’église chrétienne, accompagnée de la légende de Cham que la noble institution diffusait sans s’encombrer de son réel fondement textuel et théologique, trop contente de disposer de nouveaux territoires de croisades, d’évangélisation, ferait autorité balayant les réticences des négriers en herbes et traitants néophytes. La position de l’église catholique par rapport à la Traite négrière n’allait pas être un épiphénomène loin de là, ses encouragements à l’ensauvagement esclavagiste continueraient tout au long de la période négrière, à l’instar de l’activisme doctrinaire de l’éminent théologien français Bellon de Saint Quentin, qui se servait des Saintes Ecritures pour libérer la conscience des traitants qui s’en remettaient à sa science."

Nous ne devons pas, par paresse, par omission ou par négligence, oublier ce que nos parents ont souffert. Rendons-leur ce témoignage de la mémoire.

jeudi 21 mai 2009

Esclaves : le piège de la fiction et de l’histoire avant la porte de non retour !



http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=5966128720909516117


Deux nuits durant, j’ai été l’esclave d’Esclaves, le dernier roman de Kangni Alem, paru début mai 2009 aux éditions JC Lattès. Un succulent esclavage porté par une lecture entraînante, interrompue parce que qu’il fallait après tout fermer l’œil et affronter le boulot du lendemain.
La dernière page tournée, il reste dans la mémoire de l’enfant que je n’ai pas cessé d’être – l’enfant en quête d’histoires ou agréables ou horribles ou fantastiques – le souvenir de l’itinéraire d’un personnage qui traverse toute l’histoire : le maître des rituels devenu Miguel, devenu Sule, devenu Sule Djibril. Que d’avatars identitaires !
L’enfant que je n’ai jamais cessé d’être a rangé d’un côté les personnages méchants : Francisco Félix de Souza dit Chacha, son complice Gankpé le chef des armées qui deviendra le roi Guézo, une fois le roi déchu, l’amazone Nansica, la Mamie Ahouna à la « nudité fanée par le temps et les parturitions », et de l’autre les personnages sympathiques, souvent victimes des méchants : le roi et son épouse Sophia qu’on appelle encore Sikadjin, le maître des rituels, devenu Miguel, devenu Sule, devenu Sule Djibril, le vieux Sule à Récife… L’enfant qui n’est pas encore mort en moi, que je berce à mes heures de langueur, s’est souvenu de ce film tiré du roman d’Alex Haley, Roots ; a retrouvé surtout son « cangaçeiro » des jeux de l’enfance qui nous occupaient après chaque film d’action.
Cependant le lecteur cartésien que je suis devenu, analyse. A cause que j’évite que les idées qui me parviennent corrompent mon esprit, je dois procéder par élimination successive et progressive des idées reçues, afin que, enfin de compte, je ne puisse retenir que celles qui, en mon sens et sous l’empire de ma raison, me paraissent inébranlables, inattaquables comme celle si évidente du « je lis, donc je vis », je me résolus à conclure dans Esclaves que les nègres ont contribué dans une large proportion à maintenir et à entretenir ce commerce honteux de chairs d’ébène, mus pour la plupart par des rancœurs tribales, familiales, les chicaneries et l’attrait morbide des bimbeloteries occidentales.
Que ce soit dans la razzia et la vente d’hommes, que ce soit dans les velléités révolutionnaires à Bahia de tous les esclaves, clin d’œil évident au roman Bahia de tous les saints, le nègre a toujours été le malheur du nègre.
Morceau choisi :
« En même temps qu’il pleurait sa condition, l’esclave noir se révélait incapable d’éprouver le besoin d’une solidarité sans faille avec son frère ou sa sœur de race. Il était même prêt à dénoncer à son maître les velléitaires qui voulaient forcer le sort et précipiter la fin de leur servitude, il était prêt à trahir, comme si, au fond, sa condition servile ne lui répugnait pas trop, et que tout compte fait, il préférait de loin l’esclavage au Brésil à sa liberté d’autrefois parmi les gens de sa nation. » (pp 197 -198).
Merci Alem, pour ta dédicace : j’ai lu, et j’ai vu. J’ai vu que :
« Si la traite négrière à saigné l’Afrique, elle a aussi enrichi ses rois. Mais rétorqueront les plus choqués par une telle affirmation, mettre l’enrichissement des rois complices au même niveau que celui des nations d’Europe et d’Amérique, qui elles ont été radicalement transformées par le pillage de la main d’œuvre noire, c’est seulement faire acte de cynisme de petit raconteur d’histoires ! (…). Les plus forts sont toujours à l’origine de la violation des droits naturels et sont les derniers à avoir en eux le sentiment de justice. Celui qui accuse entre sous le feu de la critique, mais seulement voici la vérité : celui qui accuse a déjà connu le feu : al-mit-him ahal an-när !
« Les Noirs d’aujourd’hui eux-mêmes ne s’entendent pas sur le sujet, préférant se chamailler de l’Afrique aux Antilles : que penser d’un tel clivage ? Quant aux Européens, toujours fidèles à leur bassesse, ils entretiennent encore le mythe outrageant de ceux qui n’ont acheté que parce qu’il y avait des vendeurs. Piètre raisonnement.
« L’esclavage est un outrage, un défi lancé à l’humanité, pourquoi tenter de s’en disculper ! Et s’il y avait une justice à rendre, c’est aux victimes qu’il faudrait la rendre, et non pas à leurs bourreaux. » (p 227 – 228).

Et je comprends pourquoi aussi certains Béninois trouvent que Esclaves est un roman subversif et t’attendent pour faire ta fête. Dis quand ce sera ta fête béninoise et je verrai si je pourrai participer à cette orgie littéraire.
Il m’est resté, la dernière page tournée, une interrogation puérile, une question hypocrite : qui est ce Sylvanus Epiphanio Elpidio, fils de Francisco Olympio, qui deviendra premier président du jeune Etat indépendant de TiBrava ? Si ce n’était qu’une fiction, je serais tenté de faire des rapprochements, parce que des Sylvanus, premier président d’un Togo indépendant, on en connaît ! Mais heureusement, Esclaves n’est pas la page manquante de l’histoire de l’esclavage. C’est un roman, donc une fiction. Et c’est le piège dans lequel il ne faudra pas surtout tombé, le piège que tend l’écrivain : histoire ? fiction ? Datation et imagination se côtoient sans frontière pourtant.
Tout le long de ma lecture, j’ai revécu les émotions qui m’envahissent chaque fois en face de la « Porte du non retour » à Ouidah au Bénin. En 2004, j’avais noté dans mon carnet après avoir traversé cet espace hautement symbolique d’une période noire : « Dans quels pas de quels esclaves, venant de quelles contrées d’Afrique est-ce que je mets mes pas ? Quelles larmes séchées sur ce sable silencieux est-ce que j’écrase avec mes chaussures Nike ? Combien ont fait le chemin que je refais, eux le regard perdu vers cette immensité qui allait les engloutir et jamais les vomir, moi, la raison étourdie, dans mes Nike, ignorant tout ce qui s’est véritablement passé sur ce sable infini vers ces eaux immenses infinies » (Août 2004, Carnet « Mon voyage au Bénin »).
Je me demande encore aujourd’hui ce qui s’est passé sur ces plages silencieuses !

lundi 18 mai 2009

L'affaire du beignet au Château de la Roche Jagu

Depuis le 20 mars 2009, il est apparu dans le domaine de la Roche Jagu, un phénomène bizarre, qui est aujourd'hui connu sous l'appellation de l'affaire dite du beignet. (voir vidéo sur le lien: ww.dailymotion.com/video/x99i0g_les-enchoufflichures_creation
Bonne visite visitez le blog des enchoufflichures pour mieux cerner ce phéno mène.