Le siège de Géant

Le siège de Géant
Une merveille des monts Kabyè

vendredi 20 octobre 2017

Laideur

Ce devint corps divin ordure !
Il ne quitte pas ma mémoire
Celle du corps celle du cœur
Ce corps nu couché
Échelle du septième ciel
Il ne quitte pas ma mémoire
Celle des muscles celle de la langue
Ce corps étendu dans la terre ivre de son sang
Saccagé le crâne fracassé

Ascenseur vers les profondeurs de la terre. 
Une fleur remplace l'hideur
Sans confusion. 

mardi 17 octobre 2017

Poèmes hirsutes 5

Tous les chemins mènent à l’homme
Qu’on marche ou qu’on court à reculons
Il suffit d’aller de l’arrière
En courant sur les pas d’hier
On finit par retrouver
Sur les rives de sa raison
Un homme à tuer.
Hier fermente aujourd’hui
La raison déserte devant le muscle
Car tous les aujourd’hui sont déréglés
Tant pis !
L’homme est une île infestée
Où commence le chemin à cette île 
Quand les ruines sont l’avenir

Et l’espoir se bâtit sur la mort ?

vendredi 13 octobre 2017

Poèmes hirsutes 4

Je l’appellerai mon prochain chien
Mes dix doigts.
Mon bonjour fâche
Mes dix doigts levés
Portent haut mon cœur blanc.
Amoudna avait un corps vert
Pour cinquante francs elle me l’a offert
Frais cru
Je lui ai montré mes dix doigts :
Il est des marchés où je ne vais pas
Des marchandises que je n’achète pas.
Ton corps vert je le prends pour mes dix doigts.
La terre s’est refermée sur ma vérité
A mon enterrement est venue massivement
Seule ma mère l’amour à la bouche :
C’est mon idiot
Il s’en va les dix de ses mains ignorants ;
Ma tendre femme d’un juron a dit une oraison
Pressée de trouver preneur à son trésor ;
Mes enfants ont pris la peine au labeur
La vieille sagesse y a caché un trésor.
Le chef aveugle ne voit point mes dix doigts
Mon estomac cesserait ses sifflets
Le cimetière reculerait de plusieurs années.
Des tambours jouent tous les soirs
Mêlant aux pleurs
La flute nocturne des clitoris.
La nuit le cœur se terre sur la langue
Personne ne dort
Le diable est dehors
Personne ne ferme l’œil
La mort chasse derrière les cases
J’appelle mon père
Mes dix doigts
Qui va me mettre au monde ?
Ma mort est finie reste ma vie
Qui va me mettre au monde ?



jeudi 27 juillet 2017

Poème hirsute 3

La panacée
toute de mots
a bâti la cité
le peuple, une silhouette dans le noir
attend l'aube.

lundi 24 juillet 2017

Poèmes hirsutes 2

A vous, pour ces instants éternels

Les grandes fêtes diurnes sont fermées
les bouches ont tu leur rythme
les danseurs leurs pas
j’arrive tard !

Dans le ciel les soleils sont éteints
en vain je dompte la solubilité
geste mort, dents mortes
récits perdus, le fil pend au bout la peur

Sur la planche, les projecteurs sont fondus dans le noir 
la mer de sel s’étend des yeux aux cœurs
car des coups de tempête ont déchiré les voiles
il a coulé, le voilier Durire

Mes pas lents sur le sang d’étoiles
ouvre mes yeux  d’hier
la mort semée ouvre grand demain
j’arrive tôt !


mercredi 5 juillet 2017

Poèmes hirsutes - 1



Poèmes hirsutes
         -1-
Le jour tarit.
Dans la citadelle perdue  
les souffles éteints des martyrs
allument les flammes des ruines :

Dans les ténèbres éblouissantes,
pleurs, larmes, fumées, sang, lamentations...
moignons de vie, bouts de cœurs...
bris d’espoirs, acquis perdus... ;
retour des démons séculaires chaque jour
ensevelis dans les versets et  les sourates…

Derrière un pan de mur
le prince des planètes blanches
héraut des rêves, dieu des utopies
fait des châteaux blancs.

Dans les châteaux blancs,
des amours blancs et des familles blanches
des enfants blancs et des vies blanches
des lendemains blancs et des éternités blanches.

Les martyrs ont à manger  Gaziel[1]  et Alrinach[2]
ils naissent où périrent les premiers ;
les princes des mondes blancs peignent des vies fleuries :
qui s’effritent en poussière sur les tableaux noirs.

04-07-17
01h26






[1] Démon chargé de la garde des trésors souterrains, qu'il transporte d'un lieu à un autre pour les soustraire aux hommes. C'est lui qui ébranle les maisons et fait souffler des vent accompagnés de flammes. Il inspire la terreur par un grand bruit de cloches et de clochettes ; il ranime les cadavres mais pour un moment seulement.
[2] Démon de l'occident, président des tempêtes, tremblements de terre, pluies ; il parait sous les traits et les habits d'une femme.

vendredi 29 avril 2016

Retours

Site abandonné
J'avais ma plume perdue
Dans un verre hier retrouvée
Mes lèvres se remettent en crue
Je chanterai mes espoirs pourris
Merci s'ils enfantent des aubes fleuries. 

******
Les Dieux au ciel se distraient de nos horreurs.
Les aubes des jours anciens
Annoncent les soleils à venir.
Demain se vêtira d’hier : liberi esse non licet !
Des fois livrées aux fauves
Tuniques de sang et de larmes
Concerts de pleurs jambes affolées
Les babines sourient aux bris d’os
Ricanements
L’éclat des crocs éblouissent  les rayons du soleil.
Les fils ne finiront pas les larmes des pères.
La barbarie aux enchères :
Explosés égorgés décapités
Les peuples dévorés à la dynamite
Coupables de vie et de fois.
Les dieux au ciel se distraient de notre mort
Les aubes des jours morts
Naissent des refus
Recommencent les peurs des pères
Des siècles plus tôt des siècles plus tard
Les espoirs hérités les espoirs légués
Grandiront en jurons :
On n’est plus nulle part chez son Dieu.

 Kara, le 29 avril 2016 
00 h 13