Le siège de Géant

Le siège de Géant
Une merveille des monts Kabyè

lundi 27 novembre 2017

Rêves soldés



Photo
N’Dong, adjugé, vendu !
Idrissa, soldé !
Les champs sont noirs de misères.
Ramatoulaye va au sultan Mohamed
Volupté de négresse.
A M’Balmayo
A Tahoua, des mères heureuses des fils sauvés de l’oubli
Bâtissent des châteaux sur les rêves des enfants partis.
Omar otage ! Ya ’Allah
Même mort, son corps restera loin du Niger.
Afrique soldée !
Les soleils se terrent de terreur.
La puanteur des rêves morts
Ici et là-bas mouille les plumes des canards :
L’indignation sera au bec
L’oubli au bras.

lundi 20 novembre 2017

L'arc-en-ciel a compris

Photo © NTM


Finie ma lèpre
Mes yeux voient mes oreilles entendent
Mes doigts se plient et se dressent
Vous comptiez sur ma lèpre
Je quitte mon enfermement
Mes yeux vous regardent
Ces derniers soleils vos danses ont empli mes oreilles
Vos pas ont meurtri les arbustes des champs
Vous avez nourri la terre de sang
Je vous vois guéri de ma lèpre
Gambadez  Chantez  Buvez et gloutons
Ma parole vous débusque
Les soleils sous la terre bourgeonnent
Les murs des confinements tremblent
Toutes les lèvres s’agitent c’est fini
Rentrez vos mues dans la forêt
Les enfants naissent à la maison
Rentrez sans crocs les dents blanches
Je vous dis ma lèpre est finie
Je vous vois
Je n’ai pas un seul œil
Mes yeux sont dans le soleil
Il bourgeonne sous la terre
C’ que l’arc-en-ciel a levé son barrage
Et gronde l’orage.




vendredi 10 novembre 2017

Le feu est sous la terre

La voix morte de mon père grésille encore dans les oreilles. Je l’entends certaines nuits répéter ce qu’enfant, adolescent et adulte marié, il ne cessait de me dire.


Photo © NTM
La terre brûle de feu
Compte ton pied
La vie n’est pas calme
Va sur ses bords.
Ne vis pas rat
Porte la vigilance de l’écureuil
Il s’échappe au pas du chasseur.
La mort, tu ne peux l’éviter
Mais elle n’est pas gaie la mort d’une chienne
La fuite n’est pas lâcheté.
Vivant tu diras ta vérité
Vis sur les bords de la vie.
Ta femme tu la prendras ni un jour de marché
Ni un jour de messe ;
Je n’oublie pas un jour de fête.
Et n’oublie jamais : dans la femme
Dans la terre et l’argent
Vit la mort.
La nuit dors ton sommeil :
Le soleil se lève là.
Le méchant sème son mal quand le soleil ferme l’œil
Donc regarde bien et ne dors jamais le sommeil de personne.
Ne commence jamais une querelle ; n’en sois pas la fin
Va ton chemin
Et quand un jour tu seras parti
Tous te verront et t’entendront partout !




mercredi 8 novembre 2017

Il faut secouer le sort, dit-on!



Photo © NTM 13/09/2012
Je suis aux funérailles du chien :
Le soleil enrhumé est enfermé dans mon cœur.
J’ai accroché à mon front
Une toute petite étoile
Il faut secouer le sort, dit-on !
Depuis l’aube
Je suis venu m’asseoir au bord du sentier
Les yeux fondus, je regarde :
Par quel chemin viendras-tu
Par la main me prendre ?
Je regarde cette mer de croix sombres
Et mon cœur fendu déverse ses eaux
Quand reviendras-tu ?
Le soleil mort ne dort plus dans mon cœur
Les tentacules de ma mémoire
Te cherchent dans une présence effacée.
Au bord du sentier à attendre mon lot
Je suis aux funérailles du chien.


mardi 31 octobre 2017

La sève au fruit va

Oreille crèverait-elle, si bal
A Bafilo, bal à Lama-tessi  
En s’accouplant devenaient baux
Ou carnaval à cheval, carnavaux ?

Il faut des faits dire l’essentiel
Aux maux refuser remède superficiel
Car le soleil toujours à l’est se lève
Pareil du roi la mort au trône sonne la trêve.

La chose en Humanie, contrée entre folie
Amour dévasté, haine et cités démolies
Arriva. De donner l’eau à la terre le ciel refusait
Des mois et des lustres le refus durait.

Le soleil brûlait, être, animaux périssaient
Le sang à Sansané, à Sokodé, la furie du soleil déversait.
Dans la savane, solitaire, fi des pareils morts
Un arbre tint palabre : de ses parties en dépendait le sort.

Les attributs pervertis, le sceptre confié au fruit  
Le fit roi. Les racines louangèrent en mille bruits
Le souverain. Le tronc saprophyte fit allégeance
Et l’ignominie actée, hissa son élégance.

Personne au fruit ne rappela que de la terre
Par le sein des racines et les bras du tronc
La sève portée rend le fruit bon
Et qu’il est coupable de cette vérité taire.

En Humanie, contrée entre folie
Amour souillure, haine et espoirs démolis
Peuple nourricier au roi est assujetti
Et périt qui voulut cet ordre détruit.