Le siège de Géant

Le siège de Géant
Une merveille des monts Kabyè

lundi 26 août 2013

Brume de haine, un de mes courts textes de théâtre publié dans Balade théâtrale

Dédicace de Balade théâtrale samedi 31 août 2013 au centre culturel Akuna Matata à Lomé à partir de 15 heures.

lundi 5 août 2013

Les sanglots muets des yeux

(A ma cousine, Chantal Bawara, ma gorge nouée de douleur, lâche ses pets de colère: I in pacem dei )

Ainsi donc la route ouverte
ouvre les puits de nos cœurs
c'est vrai? tu n'es plus?
la lèpre a rongé mes doigts
je tâte je tâte je te cherche petite mère
dans l'obscurité de ma peine
la nuit a rempli mes yeux


je compte tes dix doigts: entiers
quelle est ton offense aux dieux fainéants
les cœurs des hommes sont volcan
je chanterai pas la blancheur de tes paumes
les larmes inondent ma bouche
mes narines sont glue
mon cri mes cris glissent et tombent

me vois-tu
prends ma main, mère
posons le pas sur le nuage
et dansons
le bindaré troue la nuit
viens dansons le rythme foka  
la flute  chatouille mes pieds

lâchons le pas secouons nos corps
nous coulons plus vite que l'eau de Toul'kouli
la rivière des aubes


chante chante grand-mère le chant du conte

la terre qui a volé ton assiette
obstrue ta bouche
ton ventre pourrit plein de ses œufs 
tes petits-enfants morts avant toi
font procès aux ancêtres
que s'est-il passé ma mère que s'est-il passé?

04/08/2013
4h28

vendredi 2 août 2013

EVALA EN PAYS KABYE, CEREMONIE D'INITIATION OU FESTIVAL?

Un ami m'a demandé de quoi je me mêle lorsque je lui ai dit, pince-sans-rire que d'ici à quelques années, on luttera au mois de décembre. C'est vrai, de quoi je me mêle?  Je ne suis même pas kabyè. Mais je me mêle de ce que j'ai un grand bec et de ce que mon épouse est kabyè.
Et je rappelle que jamais de mémoire de Kabyè, les luttes traditionnelles se sont déroulées au mois d'août. Jamais de mémoire de kabyè on a initié la jeune fille (akpénou) au mois d'août.  Mais pour 2013, on semble avoir inauguré une nouvelle époque de lutte en démarrant les luttes à fin juillet pour les finir en août. Les chefs coutumiers, les prêtres traditionnels (les djôdjô), garants des cérémonies connaissent les moments propices pour ces initiations qui doivent se dérouler au mois de juillet.
Il faut rappeler qu'il y a des cérémonies qui préludent à ces initiations et ces cérémonies (peu de kabyè le savent) démarrent au mois d'avril. Tout part des prêtres traditionnels à Pagouda qui passent le témoin à ceux de Kémérida, puis  à ceux de Farendè puis enfin à ceux de Kouméa, dernière étape avant le démarrage, le premier ou le deuxième samedi du mois de juillet, des luttes initiatiques. Rien ne peut déroger à ce processus qui plus est, est devenu une loi coutumière.
NB: Je tiens cette version d'un chef coutumier. S'il y a une autre version, il serait intéressant de la partager.
Les luttes traditionnelles sont le début d'une initiation. La lutte proprement dite dure 3 ans. Puis le jeune évalou devient Eskpa, Eglou et Kondo, au bout de 5 ans. Le processus dure à peu près 10 ans. les cérémonies d'eskpa tendent à disparaître.
Cependant, les luttes sont devenues un festival organisé par le président de la république qui semble tenu d'y participer. Il écume tous les terrains de lutte.
Pourquoi les chefs traditionnels ne rappellent-ils pas au président Faure que les cérémonies obéissent à des périodes précises et qu'on ne saurait les reporter pour une raison ou une autre.
Alors que la politique arrête de profaner nos valeurs. On peut initier les jeunes en l'absence du président, n'est-ce pas?

mercredi 31 juillet 2013

LA CREVERIE

Des nuages sur les rêves
Des nuages de rêves
Et des rêves en nuages voyageurs
Portés sur le dos du vent:
Grains semés sur du roc
Au cimetière des lendemains
Terre cruelle de nuages sans pluie
Nuages puants de rêves sans fruits
Boules d'oublis déféqués
Sur les rêves gorgés de nuages.
29/07/2013
01/04

mardi 30 juillet 2013

REPARTIR

Je refais le chemin de l'aller à l'envers
Par la vallée de l'exil
Par l'entrée orientale de maman
Retrouver les accessoires manquants
A la lumière de mon étoile
Allumer le soleil endormi dans mes narines.
Sinon
Fracasser la porte
Dans le dos de maman
Et réclamer ces jambes
Qui manquent à mes pieds
Ces yeux qui  manquent à mon regard
Ce pas
Cet unique pas
Qui ne germe pas mon cerveau
Dieu à ses comptes
La lèpre aux doigts
Confond les banques à l'argile
Les portes verrouillées
Les placentas crevés:
Mon père vert de mal
J'ai repris la route de l'exil
Rendre l'héritage humain:
Cette puante terre
Qui pourrit mon sang.
29/07/2013
21h53

lundi 29 juillet 2013

Kara est grave, ou je dois repasser mon permis de conduire

Hier je vais stationner là (regarder la figure: un monsieur a bitumé devant sa maison). Lorsque je reviens chercher la voiture, l'agent de sécurité qui garde la maison frappe à la vitre:
"L'agent de sécurité: Sinon, on vous cherche à la maison.
Moi: Quelle maison?
L'agent de sécurité: Ici.
Moi: Et qui me cherche à la maison ici?
L'agent de sécurité: Le chef.
Moi: Quel chef?
L'agent de sécurité:Le chef, non!
Moi: Quel chef?
L'agent de sécurité:Toi-même là, là où tu as garé voiture-là, tu as quelque chose dans la tête? Comment tu peux venir garer comme ça devant une maison, c'est ta maison? Tu vois on a mis le goudron et au lieu d'aller garer là-bas (indiquant de l'autre côté de la route, les parties défoncées et boueuses), tu viens garer ici. Tu ne peux pas aller goudronner là-bas et garer? Tu n'as rien dans la tête..."
Je suis parti, le laissant m'insulter tout son soûl.
Regardez un peu la figure que j'ai tracée et dites-moi si je suis dans le tort de stationner là cet endroit précis, de l'autre côté de la rue, devant cette maison. Il n'y a aucun panneau d'interdiction de stationner.
Mon cœur amer étouffe 
du pollen du mal
mes yeux sonr perclus
nulle part ne brille une étoile
mon ventre est rassasié de lèpre
mais un roc bouche mon anus
et ma bouche cousue de colère
mon cri féconde la lèpre
et ses fruits germent
et d'autres fruits germent
silences
nuits
au réveil
saisir le soleil par le cou
lever le sortilège
regard
pas
geste d'incendie
et pluie:
mon fils, tu germeras du feu.
27/072003
02h49