Le siège de Géant

Le siège de Géant
Une merveille des monts Kabyè

vendredi 3 janvier 2014

Je n'irai pas aux obsèques de Dieu

Oiseau mort- Photo: NTM, 1er sept. 2012
A toutes les femmes que j'ai fait pleurer...
A toutes ces larmes qui ont bâti des digues dans ma gorge...
....
L'aube du 1er janvier 2014 a été pareille à l'aube du 31 décembre 2013: l'eau de la même rivière qui  coule...
Conclusion: Dieu est d'une incompétence!
Sinon... avec tout le pouvoir, toute la puissance qu'on lui attribue, pourquoi ne dresse-t-il pas un filet entre 2013 et 1014 pour ne laisser passer les bons hommes, moi entre autres...?
Pourquoi ne retient-il dans l'enfer de 2013, tous ces dictateurs qui affament leurs peuples, pillent les richesses de leur pays et jouissent seuls des plaisirs matériels de la vie, pendant que leurs peuples crèvent dans un dénuement inhumain: heureux les pauvres sur terre, car le royaume des cieux leur appartient: ça suffit!
Pourquoi ne maintient-il dans les feux de la Syrie, de Centrafrique, de la RDC, partout où éclatent des coups de feu pour arracher des vies à d'innocentes personnes: non, cet héritage fait de criminel, on ne veut pas l'avoir en 2014!
Tous ces pilleurs de vie devaient rester en 2013.
Je n'irai pas aux obsèques de Dieu, pour sûr, je n'irai pas. Il est complice des criminels, sinon, pourquoi n'ouvre-t-il les flots de la rivière Kara pour engloutir tous les en-treillis qui pourchassent les étudiants et les enseignants en grève? Pourquoi n'ouvre-t-il les flots des rivières pour laisser passer son peuple de crève-misère et faire périr les forts et Cie et toute la kyrielle de sinistres pollueurs?
Il a dû perdre ses pouvoirs.
On me souffle à l'oreille que Jésus le retiendrait prisonnier, sinon, depuis que ce garçonnet a débarqué, le vieil homme n'a plus fait parler de lui, comme il beuglait par feu interposé à Moïse...
Peut-être que l'artefact ne marche plus...
Donc nous sommes passés en 2014 avec notre Dieu jaloux, qui sut faire périr les philistins, les égyptiens et protéger la descendance d'Abraham, de Jacob, de David, de Moïse...et sut donner à son peuple la terre promise où coule le miel en abondance.
Donc nous sommes passés en 2014 avec notre Jésus qui a volé l'artefact de Dieu ou qui le retient prisonnier dans les écuries de Belzébuth... notre cul est dehors...
Nous sommes entrés en 2014 transbahutant nos dictateurs affameurs, assassins  et pilleurs, portant en bandoulière nos guerres meurtrières, brandissant tel l'étendard d'un navire maudit, notre inhumanité d'hommes civilisés, notre racisme, notre sida, notre paludisme, notre hépatite, nos cancers qui grignotent nos seins, nos cerveaux, nos prostates....
Plus besoin de se souhaiter de bonnes et heureuses années quand on les sait déjà sanglantes et meurtrières.
Pourquoi continuer dans l'hypocrisie pendant que des syriens meurent? Pendant que le sida tue? Pourquoi ne pas trouver un autre vœu qui brise le signe maléfique?
Alors les gars, c'est le moment de joindre nos culs pour un pet tsunami qui balaie les assassins. c'est le moment de mettre nos couille en cartel pour pisser sur les Sassou, les Faure, les Mugabe, les Biya, les Bongo, les Hollande, les Obama, tous ces sinistres sorciers...
2014 va pas être une tasse de thé. Alors incendier le soleil-ci pour faire pousser un autre: igne natura renovatur integra.
Allez, les gars, aux tripes, on sera les anges changeurs.
2014 sera ce que nous en ferons!


mardi 5 novembre 2013

Les gouvernements corrompent-ils les individus ?

C’est curieux que des personnes aux mœurs et valeurs admirables et irréprochables, une fois au gouvernement, se pervertissent et enfouissent au fond des détritus, tous ces attributs qui les faisaient briller. Au mois d’octobre 2012, j’ai discuté avec un ministre, encore au gouvernement. Il reconnaissait, navré, que la population ne fait plus confiance au gouvernement du seul fait que les richesses de ce pays n’étaient pas équitablement réparties. « Les populations en ont marre. On le sait. Rien que l’état de la nationale N°1 peut amener les populations à se révolter ». 
Ces propos de la part d’un ministre qui avait l’insulte et le mépris faciles à la télé, la dérision parfumant toutes ces interventions, m’avaient surpris. Du reste, m’étais-je consolé, le gouvernement de Faure « ferait réellement des efforts », suivant la formule consacrée pour qualifier l’hypocrisie et la déconfiture morale qui caractérisent ceux qui « tout pomponnés et tout maquillés » viennent « vendre des salades » à la télévision. 
 Hier, 04 novembre 2013, le gouvernement a fermé les écoles privées et publiques jusqu’à nouvel ordre. Parce que les enseignants, alors que les négociations se poursuivent et qu’il leur est même proposé des primes cumulées allant jusqu’à 50 000 francs CFA, « c’est quelque chose quand même, ce n’est rien », les enseignants que le bon sens semble ne plus comprendre, lancent un mot d’ordre de grève les 4, 5 et 6 novembre 2013, grève reconductible. Ce qui semble inouï, c’est que les cours sur la période, dixit les enseignants, seront considérés comme assurés, contre tout principe pédagogique et syndical. 
Rappel : toutes les fois que les enseignants en grève ont considéré certains chapitres comme dispensés, c’est que le super ministre de l’économie a annoncé qu’il déduirait ces jours de grève de leurs salaires. Pourquoi les enseignants reconduisent-ils la stratégie des « cours brûlés » ? Le 20 septembre 2012, a sorti une décision instituant les primes de logement et autres primes à ses collaborateurs. Il circule parmi les enseignants cette décision qu’ils photocopient ainsi une prière magique. J’ai eu le bonheur de connaître en deux situations différentes, l’actuel ministre de l’enseignement primaire et secondaire, Florent Manganawè. Les deux fois je suis reparti avec d’agréables impressions. Lorsqu’on l’a nommé ministre à l’enseignement primaire et secondaire, je me suis dit : voilà une bonne chose de faite. On a souvent placé à ce département des crétins journalistes incapables d’une analyse pédagogique, des impertinents bouviers, des avocaillons, des cancres mal-baisées, les becs emplis d’infects discours dont le refrain est le même : « sur instruction ferme du chef de l’Etat… » N’importe quoi ! Que foutent-ils là, s’il faut encore qu’un chef d’Etat leur donne des instructions fermes ! Conneries, ouais ! 
Florent Manganawè, why not ! The right man at the right place ! Le ministre qui arrive connaît la plainte de la craie blanche sur le tableau noir. Ses yeux ont gobé la poudre blanche de la craie. Ses oreilles sont emplies des gémissements des étudiants dont il partageait les peines avec une sincère empathie. Mais le ministre Florent Manganawè que j’ai suivi hier au journal de 20 heures à la TVT, tranchait diamétralement avec celui que j’ai connu : que s’est-il passé depuis qu’il est retourné au gouvernement ? Car il faut le signaler, il a déjà servi comme ministre de je ne sais plus quel domaine de l’hydraulique. Que s’est-il passé ? L’admiration que j’avais pour lui s’est évaporée ou plutôt s’est effondrée comme un château de cartes. Du moins, je ne l’ai pas compris. 
Je convoque ces questions : si un gouvernement doit pervertir un homme, quelle conduite faut-il tenir ? Démissionner et garder son intégrité, sa sincérité, ou servir le démon contre ses principes, ses valeurs et ses aspirations ? Un ministre sert-il en réalité ses intérêts, l’intérêt du président qui l’a nommé ou le peuple qu’il est censé servir mais qu’au contraire il sévit ? Pourquoi les gouvernements de Faure, depuis Eyadéma d’ailleurs, semblent-ils champions dans la corruption et la perversion des individus vertueux ? 
Mon épouse en citant Bongo ou Houphouët (elle ne sait plus qui des deux a tenu ses propos), m’injecte cette certitude : la bouche remplie ne parle pas. Exemple togolais vivant : Gilchrist Olympio. Il a cédé, depuis qu’il a composé le cartel malfaisant avec le RPT/UNIR, la harangue et l’invective à Fabre, plus fougueux, donc moins cohérent. Le premier carburait à la vengeance d’un père assassiné, le second rêve de prendre le pouvoir pour se venger d’un père politique qui a vendu à l’ennemi les dieux, les fétiches et tout le patrimoine d’une opposition qui est restée longtemps enceinte d’un espoir à l’état fœtal dépérissant et qui finira par disparaître de l’utérus historique du Togo. En conclusion, aucun des deux ne songe à servir le peuple togolais, ils ont des rêves en tapis rouge.

vendredi 25 octobre 2013

Bigarrures

La nuit a le regard méchant
Le soleil a la diarrhée des aubes
La mort rugit
Des flots de placentas crevés
Envahissent la vie
Le tournesol genou au sol
Redoute les crépuscules
Les nuages constipés
Trépignent  le soleil est perclus
La pluie tombe
Le berger pleure
Le paysan rit
Le ciel est stérile
Le berger pleure
Le paysan moissonne :

il délugera un siècle que chacun ira route. 

mardi 8 octobre 2013

Hors des murs

Mes prières s’enfoncent dans la terre
Je chante des cantiques qui moissonnent
Et des psaumes qui pétrissent la pâte:
Allélua aux mains mon pain est cuit
Mes bâillements se closent
Mes jurons tarissent
Et ma bouche sourit à la gloire du labeur.

                       ***
                         *
Les prières semées sur du roc
Je chante les départs
La distance est éternelle
Le temps construit des limites
Et les narines ouvertes au vent
Trient l'air à respirer:
Dieu, douce nuit
Le travail est l'aîné du soleil
Mes chants seront d'action.
Psaumes et cantiques d'incendie
Et moi de germe.

                         *** 
                           *
Fuir la lassitude des prières infécondes
Dans les synagogues.

mardi 1 octobre 2013

lundi 26 août 2013

Brume de haine, un de mes courts textes de théâtre publié dans Balade théâtrale

Dédicace de Balade théâtrale samedi 31 août 2013 au centre culturel Akuna Matata à Lomé à partir de 15 heures.