Le siège de Géant

Le siège de Géant
Une merveille des monts Kabyè

vendredi 1 juillet 2011

Le pays où le sexe fait les rois

Le seul fautif qu'on a trouvé
Les pays où le sexe définit les rois, ne sont pas les Etats Unis d'Amers -risques. Sous les tropiques, (celui qui fait souffrir les mots sur RFI parlerait de Gondouana City), sous les tropiques donc, cela ne choque personne que le guide providentiel (Merci Sony Labou Tansi), que le président couche avec les épouses de ses ministres, couche avec les ministres, couche avec les directrices générales de ceci ou de cela, puisqu'elles y sont à force d'avoir transpiré des fesses, couche avec les lycéennes qui rêvent du sexe présidentiel, des étudiantes qui fantasment à longueur de jeûne pour garder la ligne. Sous les tropiques, le sexe, c'est le grand dada de nos chers présidents.
Mais l'Occident a procédé depuis à la castration du sexe. Ce qui a tourneboulé DSK, aurait applaudir ailleurs. Malheureusement, il n'y a que pour lui qui est visible, qu'on a vu. Tout simplement parce qu'il est DSK.
Rappelons quelques faits en France:
Les couples Jacques, Cécilia et Nicolas et Marie
Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine, célèbre le mariage de Jacques Martin et de Cecilia Canganer. A partir de quand Sarkozy a commencé par se taper la femme de Jacques? La France n'a rien vu? Sarkozy finit par épouser Cécilia. Mais au lendemain de son élection en 2007 à la présidence de la République Française, badaboum, divorce avec Cécilia et comme dans un jeu d'ombres, Carla Bruni apparaît, surgit de nulle part?, première dame de la France. Depuis quand datent leurs amourettes? Comme la France n'avait rien vu venir. Taiseuse cette France ou simplement hypocrite?
"C'est pour moi vous voyez!"
Le soleil commence à se lever sur cette ténébreuse affaire, juste après la désignation de Christine Lagarde, qu'elle se garde bien de fréquenter l'hôtel Sofitel, car le scénario inverse risque de se produire (lol!). Juste au démarrage des primaires socialistes en France.  Cette affaire de DSK a trop de cheveux dans la soupe. Trop visibles.
Si DSK pouvait se retrouver sous les tropiques gondouanaises, il paraîtrait un piètre apprenti aux côtés des vrais trousseurs patentés. 
 

lundi 20 juin 2011

L’anaconda togolais et ses petits tentaculaires

DSC01873
©2009 Un trou à Sotouboua Photo Noël
Le weekend de Pentecôte je me trouvais à Kpalimé, la ville élue de mon cœur. C’était pour un match de football entre gaillards clubs, ces clubs de foot de séniors qui ont l’avenir de leur foot derrière dans le dos. Objectifs: retrouver les anciennes gloires, nouer des relations, suer, rigoler franchement et boire un ou deux coups. S’amuser. Mais de Kara à Kpalimé, la route est bien longue, près de 368km. Et pénible. Les amis dans la voiture, qualifiaient les trous sur la route de “cratères”, de “gouffres”, de “tombeaux”…
DSC01921
©2010 Photo Noël: Un coude à la faille d'Alédjo
Le
dimanche 12 juin, après le match, j’étais étendu cherchant un sommeil fugitif. Je suis sorti acheter un DVD. Je suis tombé sur “Trail of blood”, dans la monstrueuse série ANACONDA. Et la reptation de ce gigantesque montre m’a renvoyé l’image de notre route, dévoreuse de voitures et de vies humaines. La route est meurtrière et les trous ressemblent à la gueule ouverte de ce serpent pour engloutir ses proies.
DSC01922
© 2010 Photo Noël: Un coude à la faille d'Alédjo
Résultats: un copain a dû remplacer les deux pneus arrière de sa Benz et moi, j’ai vendu mon carter à cet anaconda. Encore heureux que je n’ai pas, comme dit le mécano, “coulé bielle”. Là, c’est tout le moteur qui aurait trinqué! Encore heureux qu’on soit revenus entiers. Avec tous les accidents comme des tableaux de désolation installés tout le long de ce monstre pour touristes d’horreurs, on doit la survie à Dieu.
La route de Nangbéto rongée par les ruissellements d'eau
© 2009 Photo Noël: Sur la route de Nangbéto.
le 31 Août 2009, j’ai posté sur ce blog, un billet “Prudence en allant à Nangbéto:  la misère n’a pas le temps d’attendre”, où il y avait une image incroyable de notre réseau routier. 
La route après Blitta est désespérément dangereuse. J'ai oublié ma caméra au cours de ce voyage, je vous aurais donné des images de ce qui n'est pratiquement plus une route, mais la gueule ouverte de l'anaconda de "Trail of blood".

vendredi 20 mai 2011

Festival National des Griots

Je publie enfin quelques rush pris au festival national des griots de Pagouda. 

Festival Plumes francophones à Kara: on a loupé le coche

Le festival "Plumes Francophones" avait prévu des activités à Kara le 16 mai 2011. Il s'agissait précisément d'animer deux conférences:

  1. Conférences-débat autour de l’œuvre de  Sami Tchak en collaboration avec Baguissoga Satra, critique littéraire.
  2. Nocky Djedanoum, Littérature et génocide au Rwanda. En collaboration avec  Mawo Tingayama. 
  3. Un spectacle de théâtre de la troupe de l'université. Texte de Noël Tingayama Mawo, mise en scène, Etienne Bararmna. 
Au dernier moment, Nocky n'ayant pas fait le déplacement, Kagni a voulu passer sa conférence sur la mort du concert-party. 
Lundi matin, nous  nous sommes retrouvés à l'université. Aucune disposition n'était prise. Les étudiants de 4ème année étaient en plein examen, ceux de 3ème et 2ème année avaient cours. Bref, personne ne savait qu'un tel évènement devait se tenir à l'université de Kara. L'interim du chef de département de Lettres modernes avoue n'avoir été informé que ce lundi matin alors que le programme avait été envoyé un mois plus tôt. 
Que s'est-il passé? 
Difficile de répondre à une telle question. Le fait est que les étudiants n'ont suivi aucune des deux conférences. Une perte énorme. Par la faute de qui? Inutile de chercher les boucs émissaires. Depuis longtemps que je me dis que la révolution à faire est celle culturelle, je viens d'avoir un argument supplémentaire: la ville de Kara n'est pas encore ouverte à la culture. 
Pour le spectacle, Etienne a couru partout à la recherche d'une salle de spectacle à Kara: il y en a pas. Finalement on s'est résolu a jouer sur le terrain de volley-ball de l'université, pendant que le public était assis dans la tribune. Un plateau de fortune, avec des rideaux-coulisses qui tombaient à tout moment. 
A la fin, le public a aimé le spectacle et on peut dire au moins que le festival s'est consolé de ce spectacle. 
Mais quelle perte quand même, les deux conférences qui ne sont pas passées? Quelle perte? Snif! 


lundi 2 mai 2011

Ben Laden mort, l'Amérique va trembler


Il a pris également la première en se faisant immergé
 La terreur (le cauchemar) des Etats Unis d'Amérique avait un visage et un nom: Oussama Ben Laden. Depuis ce matin, tous les médias diffusent en boucle les informations annonçant la mort de celui qui a planifié les attentats du 11 septembre à New York, du 11 mars à Madrid, du 7 juillet à Londres. Plus de 3000 morts dans l'explosion des tours jumelles. La place porte certes un nom poétique "Ground Zero", mais la tragédie de la barbarie est encore vive dans les mémoires des Américains. Les insurgés libyens et les forces loyalistes à Khadafi sont passés aux second plan des breaking news.


Tous les analystes sont formels: la mort de Ben Laden, ne signifie pas la fin du terrorisme. Les terroristes au Maghreb, semblent avoir bon vent. L'attentat de Marakech au Maroc la semaine dernière est révélateur de la puissance destructrice de cette nébuleuse. Seulement, cette mort prive les Etats Unis d'Amérique d'un visage de la terreur. Avec la mort de Ben Laden, la terreur peut venir de partout. Il suffit désormais que quelque fou d'Allah, qui n'a rien compris de la générosité humaine que commande l'Islam, s'entoure d'explosifs et saute avec dans un supermarché, pourvu qu'il y ait du Yankee qui crève.
Al-Quaïda va cesser d'être une nébuleuse dévastatrice pour devenir la fureur de psychopathes théomaniaques qui vont perpétrer des coups isolés.
La peur désormais est plus que présente. On ne sait pas quand, comment et où ces théopathes frapperont. Mais la certitude, ils frapperont. Ils ont la patience rancunière. Ils ne se tairont pas après la mort de leur gourou.
Barak Obama a le mot: "Vigilance".

mercredi 27 avril 2011

Miss Tradition: un combat noble et des médias muets

En marge du festival national des griots à Pagouda le samedi 23 avril, j'ai fait la rencontre de la Miss tradition. Elle, c'est Mademoiselle AWILI Essowazam, 17 ans, élève en Terminale A4 au Collège Chaminade.
Miss tradition valorise les jeunes filles et jeunes femmes qui sont restées "naturelles", celles qui ont gardé leur peau et leur teint à l'abri des ravages des cosmétiques. Et pour son mandat, Mlle AWILI Essowazam lutte contre la dépigmentation. Le thème d'ailleurs est "Halte à la dépigmenttion". C'est souvent marrant de rencontrer à l'église, au marché ou au carrefour d'une rue, des jeunes filles au teint de python, avec des tâches noires rebelles aux cosmétiques. Lamentable!
Mlle AWILI parle à ses condisciples et à ses copines, à l'occasion, des conséquences de la dépigmentation. Parce qu'il y en a qui le font par ignorance ou en imitant les copines. Les difficultés de cicatrisation des plaies, les odeurs nauséabondes, la fragilité de la peau... les accouchements difficiles...
Mais Miss tradition, c'est pas Miss-Togo. Alors circuler, il n'y a rien à voir.
Après le BAC, elle compte faire des études de Droit et poursuivre une carrière en relations interantionales.
Pendant ce temps, ce fleau de la dépigmentation qu'elle trouve plus grave et "plus dangereux" que le VIH/SIDA, va son petit bonhomme de chemin, puisqu'aucune politique ne semble le dissuader.
Le marché du cosmétique, c'est comme le marché du tabac: ça enrichit les commerçants et tue les consommateurs! Le grand travail à faire est un travail d'éducation à la maison: que les parents aient le courage d'en parler aux enfants et de décourager ceux ou celles qui veulent "changer de peau".

mardi 26 avril 2011

Festival National des Griots à Pagouda: et si on se limitait à la culture?

Le samedi 23 avril, j'ai été attiré à Pagouda, comme une mouche par le sucre, par un festival qui est à sa deuxième édition. J'ai à plusieurs reprises écouté et apprécié les chants des griots de cette région du pays, d'ordinaire muette en matière culturelle. Alors j'étais parti avec ce creux d'envie de délecter ces chants griotiques pleins de philosophie et de sagesse de vie. Mais un festival reste un festival avec ses lourdeurs protocolaires. Et ça a sapé mon envie. Prévu pour démarrer à 15 heures, heures locales, heures TU, le festival n'a effectivement commencé qu'autour de 16 heures 30. Et comme pour éprouver le public, les discours ont duré plus d'une heure. On se serait passé royalement de ces discours brodés de fils politiques. Et ça ce n'est pas bon pour la culture. La culture s'exprime mieux sans le politique dans ses jupes. Et ce festival gagnerait à réduire au maximum, l'implication du politique tant dans son organisation que dans son déroulement.  
14 groupes ont concurru. A 18 h 30, on en était au 6ème groupe. Et moi je suis parti car j'ai horreur de rouler la nuit, surtout sur une rue pleine de nids de poules, pour faire euphémisme, sinon on parlerait de puits, pour parler hyperbole. Alors je suis rentré à Kara déçu. Il semble que le festival ait pris fin autour de 23 heures.
Ce qui est regrettable c'est la précipitation dans laquelle les concurrents ont livré leurs prestations: chaque groupe avait 7 minutes au premier passage pour aborder les thèmes du sida, de l'exode, de la famille, de la prostitution, du trafic des enfants... Les organisateurs auraient pu étendre le festival sur trois jours et insérer d'autres activités culturelles ou de développement communautaires, genre ville propre, conférences-débats, visites découvertes du pays?
Mais l'impression que j'ai eue tout de suite, on dirait que la population n'a pas été impliquée. Le public était surtout composé de personnes venues d'ailleurs (Lomé, Kara surtout).
Les festivals naissent en portant en eux leur propre perte s'ils doivent reposer sur des tuteurs politiques. Parce que l'individu politique disparaît et en disparaissant, il disparaît avec le festival. Le FESTNAG devrait se dédouaner de cette charge tutélaire.