vendredi 17 octobre 2014

Le tabouret de la citoyenneté

La citoyenneté a besoin d’un tabouret où s’asseoir. Lequel ? Quel menuisier pour le confectionner ? 

La citoyenneté est la résultante d’une chaîne de satisfactions. Elle est la gratitude d’un fils du pays à l’endroit de celui-ci. En revanche, celui qui pousse des jurons à longueur de journée pour des services qu’il achète et qui ne lui procurent aucune satisfaction, ne peut pas se sentir appartenir à son pays. A moins d’être patriotard, s’il n’est xénophobe, prêt à se faire hara-kiri quand la CEET passe une journée sans couper le courant ou à se vêtir d’explosifs et à aller exploser, et s’il le pouvait, le répéter dix fois, dans les domiciles de ceux qui disent que le pays, le Togo en cette occurrence, est mauvais.  Ce ne sera jamais de la citoyenneté, ce sera une déviance.   
Donc  l’action de l’Etat devrait commencer par là : amener tous les services à offrir des prestations satisfaisantes. Satisfaire au moins la majorité, si on ne peut satisfaire tous.  
La CEET : coupures intempestives du courant, nonchalance dans la réparation des pannes ; promptitude dans les coupures d’électricité pour factures en souffrance. 
ANECDOTE : Mon compteur triphasé tombe. Je fais les tests et me rends compte qu’il y a deux fusibles sur trois qui ne bossent pas. Je vais signaler la panne. Je communique le numéro du compteur et le nom du souscripteur. Les agents me demandent le  plan de situation de la maison.  Mais si une seule facture n’avait pas été payée à temps, ils ne seraient pas venus me demander un plan pour venir couper. Comment cela s’appelle-t-il ? Paresse ? Mauvaise foi ?
Dois-je rentrer satisfait ? Hmmmm !
TOGOTELECOM : vous souscrivez à 2 G0 pour internet. Mais lorsque vous réalisez le speed-test, à peine avez-vous 186 kbt/s.
ILLUSTRATION : votre boucher vous emballe deux kilos de viande. Mais au moment de manger, vous vous rendez compte que vous n’avez même pas un morceau pour mettre dans la bouche. Conclusion les deux kilos ne vous sont pas livrés. Donc le boucher est un voleur.
Cette illustration ne cadre pas avec Togotélecom, c’est pas grave : comprenez qu’ils ne livrent pas ce qu’ils vendent. Résultats : ces concerts de jurons dans les cybercafés et dans les services. Et je suis le maestro de ces concerts car pour télécharger un document de moins de 100Ko, il faut parfois attendre plus de 15 minutes.
La TdE : Ah, celle-là ! Un tuyau se casse chez vous. Vous les appelez. L’agent qui vous reçoit veut une précision : le tuyau cassé se trouve-t-il en aval ou en amont de votre compteur ? En aval ? Il ne viendra personne avant plusieurs jours. Donc l’eau qui coule vous sera facturée. En amont ? Ils rappliquent tout de suite.  
Les hôpitaux et centres de santé : la Mecque  des grognements. Personne n’y est satisfait, pas même l’agent des recettes qui regarde défiler les billets de banque sans possibilité de s’en servir librement. Le supplice de Tantale. Les soignants grognonnent. Les malades, même quand ils sont crevés, grognonnent dans leur mort. La cause est en amont : les premiers se plaignent de leur misérable salaire et nettoient leur pauvreté sur les patients déjà des crève-faim.
Les TP : nos routes ? Hmmm ! Pas besoin de discours.
Les concours : Ceux qui passent un concours sont le plus souvent des chômeurs. La composition du dossier déjà décourage : naissance légalisée, nationalité légalisée, copie de la carte nationale d’identité légalisée, diplômes légalisés. Pourtant il suffit d’une seule de ces pièces pour faire foi. Tenez par exemple : pour avoir la nationalité, il faut la naissance ; pour la carte d’identité, il faut les deux. Pour passer un examen (CEPD, BEPC, BACII), pour s’inscrire à l’Université, il faut toute cette paperasserie.  Si pour passer un concours, on doit encore redemander tous ces documents, c’est qu’il y a à un niveau de la chaîne, des incompétents, des indélicats qui permettent des fraudes.  Il faudra donc agir sur les causes de ces indélicatesses qui autorisent de faux documents et éviter en aval que pour passer un concours, on doive trimballer tous ces papiers. Et tous ces frais : naissance  légalisée : 500F ; nationalité : 500F ; carte d’identité nationale : 500F ; certificat médical : 5000F ; quittance : 5000F. Ajoutez le déplacement, les photocopies et les autres dessous de table dans  les mairies pour se faire légaliser tout cela en une matinée. Pour un chômeur, c’est le budget de tout un an.
Aux résultats, vous accourez : vous avez 35 ans, c’est votre dernière chance pour entrer dans la fonction publique, parce que, avec votre maîtrise en Lettres Modernes, vous ne pouvez pas travailler au 3ème quai du port autonome de Lomé. 
Vous avez téléphoné à votre oncle à Lomé, vous avez rallongé vos bras. Pourtant, vous écarquillez les yeux. Votre nom n’y figure pas. A votre grande surprise, votre copain/copine qui n’avait pas passé le concours, a son nom, lui /elle. Il/elle a réussi au concours de l’ENES.
La chance ?
Vous maudissez toute la terre entière. En rentrant, préoccupé sur votre bicyclette ou sur la moto que vous avez sollicitée de votre voisin, vous brulez le feu rouge et le policier vous prend : amende : 5000 Francs. Il vous fait une bonne leçon de citoyenneté. Vous êtes la cause que le pays n’avance pas. L’Etat fait des efforts vous, vous acharnez à les faire capoter.
Tous les acteurs de cette gabegie sont pourtant des compatriotes qui gueulent à télé qu’il faut être citoyen.  L’Etat devrait commencer par assainir toutes ces déliquescences avant d’asseoir une citoyenneté engagée et participative. La citoyenneté naît de la satisfaction et de la joie d’appartenir à pays.
Sinon, cette campagne sera pareille a celle que feu Eyadema avait montée sur la solidarité et « consommez produit togolais » : ridicule, lamentable, cette femme dans la pub, achetant des oranges, pour marquer la solidarité. N’importe quoi ! Comme si le Togo n’avait pas des gens qui réfléchissent et créent.
Citoyens ? Nous le sommes à la naissance. Mais nos serviteurs nous pervertissent. Il est important de rappeler que les dirigeants sont les serviteurs du peuple. Et les dirigeants doivent comprendre que lorsqu’un patron n’est pas satisfait des services de son serviteur (boy), il le vire. Et les élections sont l’occasion pour le peuple de virer ses serviteurs. Qu’ils acceptent de partir sans réclamer des indemnités de licenciement.



vendredi 19 septembre 2014

Souvenirs de voyage

On passe à Wahala souvent sans s'arrêter. Sans même savoir qu'y gisent des soldats d'une guerre débarquée sur nos terres: la guerre de 14 - 18.
Le 11 juillet dernier (2014) j'ai fait escale à Wahala. et j'ai pris des photos du cimetière européen.
ce que j'ai pu remarquer, c'est que même dans notre mort, la différence sociale et raciale qui qui nous cloisonnait dans la vie continue de nous cloisonner dans la mort.
Les lieutenants sont enterrés à part.












Les soldats sont jetés dans la fosse.





Une autre chose me froisse: pourquoi n'avoir pas mis dans le même cimetière tous les soldats tombés ce jour-là à la bataille de Chra? Où est le cimetière des soldats nègres tombés ce jour-là?
"HONNEUR ET PATRIE " peut-on lire: pour quelle patrie ces soldats nègres se battaient-ils et pour quel honneur?

L'Europe a embarqué tout le continent noir dans une bataille née d'un assassinat. L'Europe ayant atteint un développement industriel et économique insoupçonné allait s'offrir une récréation en attisant des rivalités. et voilà comment naquit cette conne de guerre qu'on a débarquée au Togo. qui a fabriqué ce cimetière qui vit et les tombes mortes, oubliées.

Dans la cour de cette école à Wahala, il y a aussi cette tombe. Aucune explication? Aucune épitaphe. Pourquoi? Serait le premier soldat tombé? Le dernier? Le guide qui m'a conduit n'a pu rien m'expliquer.











Au passage j'ai pu admirer sur les murs de l'école les dessins sensibilisant les jeunes filles élèves.

















Si ces pauvres soldats avaient su! Ils auraient préféré cultiver leurs tarots et ignames et manger de la chauve-souris et de l'agoutis! à l'époque ces animaux n'étaient pas vecteurs d'ébola. 


jeudi 11 septembre 2014

LA LITTERATURE TOGOLAISE : REGARDS SUR LA DERNIERE CRUE

LA LITTÉRATURE TOGOLAISE : REGARDS SUR LA DERNIÈRE CRUE
La moisson du champ littéraire togolais de cette année est riche en poésie, avec plus d’une demi-douzaine de titres. Toutefois il est plus pertinent de retenir un recueil de poèmes, un autre recueil  de pièces de théâtre et un essai dialogué pour, d’une part, témoigner de la diversité des productions, et d’autre part, prouver l’émulation qui caractérise le monde des belles lettres au Togo. C’est pourquoi Libations  de Joseph Kokou KOFFIGOH, Panafricanisme et Renaissance africaine  de Edem KODJO et Balade Théâtrale  d’un collectif de dramaturges togolais pourraient, chacun en ce qui le concerne, écrire  l’une et ou l’autre page des lettres de noblesse de la littérature togolaise.
Libations ou la réécriture des mythes fondateurs
En effet  la majorité des poèmes de ce quatrième recueils  de J.K.K , Libations  qui confirme son désir de s’affirmer comme le plus prolixe du genre au Togo – soit un ouvrage par an depuis 2010 et de régulières publications sur Facebook-  est une réécriture actualisée des différents mythes fondateurs des peuples du Togo. Une tentative littéraire de conjuration du passé que connoterait le titre.  Le poète, en toute liberté, revisite l’imaginaire des Tem, Kabyè, Moba, Ewé, Mina, qu’il restructure en  défiant  toutes les interprétations populaires ou scientifiquement acceptées. Ainsi,  Le Roi AGOKOLI retrouve la noblesse de la sagesse prophétique qui justifierait la célébration d’Agbogbozan de nos jours, et  YENDU  le dieu de Dapaong  trouve sa genèse dans ‘’ les grands bassins du Tchad’’. 
Ce faisant, le griot occupe toute  l’amplitude  du conteur  à qui l’art sacré impose des élans divinatoires. On comprend donc que le style  de KOFFIGOH soit souvent laudatif car sa poésie épique divinise par leur geste – gesta en latin- tous les règnes : animal, végétal et minéral.
Toutefois,  le poète, par humanisme, n’abandonne pas son lecteur au vertige de l’apesanteur  entretenu par son panthéisme. Il lui tend une main afin qu’il redescende sur terre, car sa poésie est ‘’…le rêve d’un monde/ Immense et en eau profonde,/Où les mensonges immondes/ Qu’on diffuse sur les ondes,/ Sombrent en une seconde…’’
Alors, en decrescendo, l’élan initial des vers se diffuse dans une poésie plus profane, parfois humoristique, qui culmine à l’épisode de la mésaventure  d’un soldat – ‘’Un char à la plage’’. Seulement le lecteur s’attendait à trouver un fil conducteur qui relit les poèmes de la première partie, ‘’Exaltation’’ dans la seconde partie, ‘’Rêves et Réalités’’.
En attendant les mémoires de E. KODJO
Puis, vient  Edem KODJO avec son long entretien de 150 pages avec Ebénézer L. LAWSON, Léopold A. MAMAVI et Joseph K. YOVODEVI. Il est vrai que nous attendons toujours ses mémoires, mais Panafricanisme et Renaissance africaine est une autre forme de regards rétrospectifs en quatre parties thématiques et chronologiques sur le parcours d’un engagement panafricaniste.
 En fait, les questions-prétextes des trois journalistes de renom permettent à l’homme politique de faire son bilan critique du Panafricanisme à partir de ses fondements et de son histoire, tout en reconnaissant ses espoirs et ses désillusions ; le rôle de l’Organisation de l’Unité Africaine qui était sensée mettre en œuvre les idéaux des Pères fondateurs.  Comme tout bilan objectif doit s’inscrire dans une perspective, Edem  KODJO,  entre un Afro-pessimisme suicidaire et un Afro-optimisme béat, voudrait demeurer lucide.  C’est pourquoi il choisit une position dite réaliste  qui l’amène à envisager la conception, pour l’Afrique, des ‘’ Objectifs du Millénaire pour le Panafricanisme. Seulement, ses soucis du pragmatisme lui imposent une vision à court terme, compte tenu de l’urgence de l’actualité. Le Président de la Fondation Pax Africana soutient plutôt  les ‘’Objectifs de la Décennie pour Panafricanisme-ODP-, comme feuille de route qui doit inscrire le continent sur la voie d’un développement humain, inclusif et durable.
Il est vrai que des lecteurs qui s’attendraient à des révélations sensationnelles sur les coulisses du Panafricanisme seront déçus. Mais, l’ouvrage dont la version anglaise vient de sortir, a le mérite de nous convaincre qu’ ‘’au-dessus des nuages, le ciel est toujours bleu’’.
Une balade bien méritée
Cette lueur d’espoir nous autorise à nous divertir par une Balade Théâtrale en six étapes, organisée par six guides rompus à l’exercice : F. ADEHENOU, J.M. AJAVON, A. DUFEU, K.D. GALLEY, J. KANTCHEBE et N. M. TINGAYAMA de l’association Escale des Ecritures nous proposent chacun une courte pièce qui dramatise le conflit entre deux personnages. Une gageure,  si l’on sait qu’il est très difficile, en fiction littéraire,  de condenser le déroulement d’une crise sur 14 pages. Et pourtant, ils ont pleinement respecté la règle définitive du théâtre, telle que la définissait  J. RACINE, qui est de ‘’ plaire et de séduire’’.
La preuve, aucun lecteur-spectateur ne peut s’empêcher de prendre partie dans la coexistence conflictuelle des tandems Flipin/Flamos, Fred/Zila, Elle/Lui, Fall/Prosper… Et puis, la frontière entre rêve et réalité est si tenue qu’on les confonde jusqu’à  s’impliquer dans les différentes actions pour camper la fonction d’opposant, d’adjuvant, de régulateur, ou des trois à la fois. Certes,  les nostalgiques des longues tirades seront certainement frustrés, mais reconnaissons que l’unanimité est rarissime en Art…
Finalement, si KOFFIGOH nous renoue avec la tradition, KODJO nous propose des perspectives pour notre meilleur devenir alors que KANTCHEBE et Consorts nous ramènent  aux contradictions de notre vécu quotidien. Ces différents projets d’écriture se lisent donc dans une linéarité continue qui justifie que ces trois ouvrages sont disposés les uns à côté des autres sur l’un des rayons de ma bibliothèque. Je vous convie à faire de même.
Guy Kokou MISSODEY
Professeur de Lettres
Critique Littéraire


vendredi 6 juin 2014

QUEL DIEU A CREE BOKO HARAM ?


Imam Abubakar Shekau, l’homme derrière la radicalisation de la secte Boko Haram


Je m’étais pourtant promis d’écrire un éditorial par mois. Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Je comptais entre-temps parler de l’éducation physique et sportive au Togo : un département insidieux, une omerta implacable, un réseautage de fieffés et de cancres. Les agitations de l’opposition togolaise aussi, bien naïve de penser que les limitations de mandats, le mode de scrutin peuvent s’obtenir à travers des négociations de tables-rondes. C’est demander à UNIR de scier la branche sur laquelle ce parti est assis. J’avais voulu lui dire à cette opposition : « travaillez, prenez de la peine. Le peuple se fatigue de vous. Proposez-lui un programme de société. Le départ de Faure ne doit être ni votre idéologie, ni votre objectif, mais le bien-être du peuple togolais. Rendez-vous crédible. ». Mais déjà, ces messieurs se déchirent avant 2015 : ceux qui comme candidats aux législatives ont été incapables de réunir 2% de voix, veulent être présidents du Togo. Même dans les fictions les plus improbables, même dans les rêves, de tels scénarii sont à exclure.
Mais je suis plongé dans l’écriture de 4 textes à la fois. Mon boulot également m’absorbe. Du coup, ce blog meurt de faim.
Ce matin, en apprenant les nouveaux massacres des mécréants de boko haram, j’ai été envahi par une indignation.
Comment se fait-il que le Nigeria qui faisait trembler la sous-région par sa puissante armée, soit aujourd’hui incapable de combattre un groupuscule malfaisant ?
Et il y a eu la réunion de Hollande à Paris !
Combien de temps faut-il aux américains, aux français, aux camerounais,  aux tchadiens, à tous ceux qui se sont retrouvés à Paris pour se mettre d’accord qu’en définitive, boko haram doit être étouffé ?

Une centaine de chrétiens massacrés dans le nord

How many Nigerians should die before they lend a hand to these poor people?
Au nom de quoi, des individus, massacrent-ils d’autres individus ?
Au nom d’Allah ?
Est-ce cela faire Jihâd ?
Je rappelle ici mes lectures, celles du Dr Muzammil Siddîqî 

« Qu’est-ce que le Jihâd ?

"Le mot « Jihâd » ne signifie pas « guerre sainte ». Il désigne la lutte et l’effort. Les mots utilisés pour la guerre dans le Coran sont « Harb » et « Qitâl ». Le Jihâd quant à lui désigne la lutte sérieuse et sincère aussi bien au niveau individuel qu’au niveau social. C’est la lutte pour accomplir le bien et éradiquer l’injustice, l’oppression et le mal dans son ensemble de la société. Cette lutte doit être aussi bien spirituelle que sociale, économique et politique. Le Jihâd consiste à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. Il est souvent associé à d’autres concepts coraniques tels que la foi, le repentir, les actions droites et l’émigration (Hégire) [2].
Le Jihâd consiste à protéger la foi de l’individu et ses droits. Le Jihâd n’est pas toujours une guerre bien qu’il puisse parfois prendre cette forme. L’Islam est la religion de la paix mais cela ne signifie pas qu’il accepte l’oppression. L’Islam enseigne que l’on doive faire tout notre possible afin d’éliminer les tensions et les conflits. L’Islam promeut les moyens pacifiques pour mener au changement et à la réforme. En réalité, l’Islam insiste sur le fait que l’on doit s’efforcer d’éliminer le mal par des moyens pacifiques sans avoir recours à la force autant que faire se peut. Au cours de l’histoire de l’Islam, depuis le Prophète — paix et bénédiction sur lui — jusqu’à aujourd’hui, les Musulmans ont, le plus souvent, résisté à l’oppression et ont lutté pour la liberté par des moyens pacifiques et non-violents.
L’Islam enseigne également une éthique convenable en cas de guerre. La guerre est permise en Islam, mais uniquement lorsque les autres moyens pacifiques comme le dialogue, les négociations et les traités échouent. La guerre est le dernier recours et doit être évitée le plus possible. Son but n’est pas de convertir les gens par la force, ni de coloniser les peuples, ni d’acquérir des terres, des richesses ou une gloire quelconque. Son but fondamental est la défense des personnes, des biens, de la terre, de l’honneur et de la liberté, aussi bien pour soi-même que pour les autres peuples qui souffrent de l’injustice et de l’oppression. »
J’ai également cherché dans le saint coran, les passages sur le meurtre, le terrorisme, les guerres. Je partage ici ces verstes.
« Certes, Allah aime l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez » (Sourate 21, verset 90)
« Quiconque tuerait une personne non coupable d' un meurtre ou d' une corruption sur la terre, c' est comme s' il avait tué l’humanité entière. Et quiconque lui fait don de la vie, c' est comme s' il faisait don de la vie à l’humanité entière » ( Coran, Sourate 5, Al Maïda, la table servie, verset 32 )
Tous ces massacres quais quotidiens de ce groupuscule diabolique, le silence complice ou l’inaction de la communauté internationale me poussent à cette interrogation : qui a créé et finance  boko haram ? Les américains ? Les russes ? les français ? Quelle main tire les ficèles derrière le rideau opaque ?


Mais de grâce, trop de Nigérians meurent : for nothing ! 

jeudi 13 février 2014

L’ÉDUCATION D'UNE FILLE: UNE ENTREPRISE DANS UN LABYRINTHE SANS FIL D'ARIANE


Je rencontre ce matin une cousine, classe de terminale G2. elle est supposée se rendre à son école. mais non: malgré le vent sec et frais de l'harmattan, elle est en courte jupe jeans, légère chemisette, escarpins et DVD à la main. surpris je lui demande:
- mais tu vas pas au cours?
- non, répond-elle.
- pourquoi, j'insiste?
- on n'a pas cours, justifie-t-elle.
- les enseignants sont en grève? (il faut dire que dire ces grèves des enseignants, c'est plus fréquent que les messes des dimanches)
- non, fait-elle avec un léger agacement.
- et alors?
- on a une heure de sport, deux heures de français et deux heures d'anglais. c'est tout!
- et tu dis que vous n'avez pas cours?
elle pousse un juron.
- on n'a jamais la moyenne dans ces matières.
- et où vas-tu avec des DVD? ce ne sont pas des cours de comptabilité ou de maths!
- des films indiens.
elle hésite et comme je la fixe toujours du regard en lui demandant où elle va elle finit pas dire en souriant: "chez mon petit ami"?
- tes parents le savent?
- non!
une fois parti, j'appelle le papa. il est surpris. il l'a personnellement déposée devant son école à 6h30.
je me dis : même si le National Clandestine Service (États Unis d'Amérique), le Maktab al-Khadamāt afghan, le Shin Beth israélien, la Federalnaïa Sloujba Bezopasnosti russe et l'ANR togolais se mettaient ensemble, ils ne réussiraient pas à filer une fille: elle a un diable dans la tête qui lui a inventé une autre boussole qui lui indique une autre direction.
trouvez la direction!

mardi 28 janvier 2014

DES DISCOURS CLOCHE-PIED AU CHÔMAGE DES ORTHO-DÉMOCRATES

EDITO DU MOIS
Photo Noël Tingayama Mawo © Janvier 2013
Je me donne à cœur joie, puisque c’est la saison du mensonge, la civilisation des menteries, disons-le haut, l’ère du mensonge couplé aux t(u)eries, je voudrais me mentir joyeusement : le mensonge est le système politique le plus exercé. Je ne revendique pas de brevet. C’est connu.
Le mensonge a été le refuge des craintifs, des pusillanimes. Il est l'insulte malicieuse de ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir. Mensonges boucliers, mensonges soporifiques, prêches hypocrites, messes-basses, mots détournés aux sens pervertis, sens mal mâchés, mal avalés, cause des indigestions et des contusions de cerveaux : le menu est plus impressionnant qu’alléchant pour les âmes candides. Dommage qu’il n’y en a plus ! Le mensonge délimite les espaces : il maintient dans le ghetto de la misère la populace ignare, crédule, naïve et l’éloigne des menteurs qui eux se complaisent sur les tapis rouges et le velours.   
La faute est aux partis politiques, de gauche, de droite, du centre, de dos ou de face, conservateurs, démocrates, travailleurs, paresseux,… tous sans exception. Ces alambics distillent les maléfices. Tous naissent pour sauver l’homme-peuple de l’homme-pouvoir, améliorer la vie de l’homo populus. Tous carburent pourtant à l’égoïsme, à la cupidité et militent pour la survie des « chefs ». En définitive, ils deviennent la lèpre de leur cible première : l’homme misérable. Des messies diaboliques, de recruteurs d’âmes pour l’enfer sur terre !
Tout regroupement d’hommes qui vise le bien-être de l’homme se corrompt et « virose », (de « viroser », faux-mot comme fausse-monnaie) l’homo populus en péril. L’ambition est plus mortelle que le paludisme : tout le monde vise le pinacle, la vie quintessenciée. Chacun dans cette marre fangeuse, devient la marche pour l’autre, pernicieux, vicelard et sans scrupules, véreux et retord plus que le créateur même de Méphistophélès.  Hommes liges, sicaires zélés,  toute sorte d’accointance crée un tremplin pour le chef. Le chef veut être dieu. Les courtisans veulent ravir toute l’estime du chef. Plus personne ne fait son métier. Chacun empêche l’autre de faire le sien. A toutes les échelles.
Les poètes ont fui l’empyrée pour des vers sonnants et trébuchants. Dilettantes hier, faussaires aujourd’hui : même la musique renâcle à germer sur leurs lèvres. La main ne se tend plus. Le sourire se rabougrit malgré les relevés ahurissants des applaudimètres et des sondages. Le chômage sera toujours en crue. Le sida, mensonge ou pas, médiatiquement très transmissible, génocidera, (encore un faux-mot comme fausse-monnaie) la planète entière. Assurément ! La toxicité des pollutions crée des embouteillages dans les poumons. Et dans les oreilles soufflera toujours la démophonie, (il faut devenir riche, à défaut, de faux-mots) cet air lugubre de la démocratie pareil aux clochettes tintinnabulantes d’une population de fantômes transbahutant leurs cauchemars d’anciens vivants.
L’espèce humaine s’est éteinte. Ne reste plus que des bêtes humanoïdes, avec des embranchements obamoïde, hollandopithèque, merkelcéphales, poutinacées, cameroonophytes, kaddhaphage et assadophage… Obama, Hollande, continueront de distribuer des dimissoires à leurs aigrefins Faure, Sassou, Bya, Débi, Bongo, Boutéflikha, lesquels braderont à l’encan richesses et reliquaires de leur territoire.  La pauvreté est la fille aînée de l’égoïsme, malheureusement, elle a pour mères fertiles et frappées d'a-ménopause , la cupidité, l’ambition, la menterie…Aucune révolution ne sauvera l’homme de l’homme dans ce combat farouche et mortel de lycaons où même le dernier survivant se dévorera sans appétence. Le monde dépassera les mille milliards d’individus que l’homme sera mort depuis. Nos cœurs ne sont plus l'asile de l’autre, le frère; le cœur cité lamartinienne de la fraternité : "l'égoïsme et la haine ont seuls une patrie; la fraternité n'en a pas!". Ils abritent l’amour mortel de Caïn et d’Abel.


vendredi 3 janvier 2014

Réactions à l'interview de Koffi Yamgnane à lepoint.fr sur son livre "Afrique, démocratie

Le 10 Novembre, pendant que je réagissais à cet article de K. Yamgnane, il y a eu coupure d'électricité. Je viens de retrouver le brouillon. les idées sont parties, mais voici ce que je disais: 
http://www.lepoint.fr/monde/kofi-yamgnane-la-culture-de-l-assistanat-tue-l-afrique-09-11-2013-1753858_24.php


Entièrement d'accord pour ce qui est des églises, des rackets  des pasteurs et autres vendeurs de Dieu et d'Allah. mais pour ce qui est du cousin "qui vous saute dessus", la condamnation n'est pas la solution. il faut un travail de pédagogie qui offre des possibilités d'initiatives. Chez moi (j'éviterai de dire en Afrique), chez moi, quand quelqu'un réussit, il réussit pour toute la famille et pour toute sa communauté. refuser de payer l'écolage d'un neveu est de l'avarice quand on a les moyens. refuser d'aider un cousin malade à se soigner alors qu'on le peut est de la méchanceté. le faisant, cela "n'appauvrit" que l'individu qui a réussi et donne par contre des chances à la vie. ce qu'il faut combattre contrairement c'est le favoritisme, le népotisme qui installe des médiocres à des postes immérités, et donc les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous, et la régression qu'on constate envahit tous les secteurs.
ce qu'il faut surtout combattre, c'est le business de la délation, y compris le commerce de la misère, et l'assistanat maladif qui caractérise certains Togolais, pratiques que Eyadema a installées  au pays pour avoir des yeux et des oreilles partout:
- à l'époque certains avaient pour profession, lecteurs de motions de soutien: ils en vivaient, ils ont bâti des maisons avec, ils ont instruit leurs enfants avec ce qui leur était payé, étant entendu qu'ils faisaient main-basse sur les millions dont Eyadema les gratifiait. Plutôt que d'aller bêcher quelque part pour gagner quelques francs, certains Togolais se donnaient à cœur joie de marcher pour soutenir et de gagner en fin de journée 20 000 ou moins, argent distribué par Eyadema. Aujourd'hui ils sont nombreux à reprocher à Faure de ne pas faire comme son père.
- à l'époque, la délation, la traîtrise nourrissaient également leurs auteurs: profession: délateur, traître. ça n'existe nulle part. combien a-t-on payé aux "termites" qui ont rongé dans un registre, la souche de votre acte de naissance? La forfaiture, cher M. K. Y. est chèrement payée dans notre pays. cependant dès qu'on a fini de dépenser cet argent, on cherche une autre délation qui apporte de l'argent.
Il m'a été raconté que dans un bureau de vote aux dernières législatives où il y avait deux représentants de l'UFC, au dépouillement, on s'est rendu compte qu'aucun n'avait voté pour le candidat du parti qu'ils représentaient. vous comprenez donc, l'appartenance à un parti n'est effective que argent comptant.
- aujourd'hui, ces pratiques n'ont pas disparu même si on lit peu ou plus les motions. mais appartenir à UNIR est une profession. chaque activité politique est une occasion pour gagner de l'argent. et ils sont nombreux, des drop-out scolaires, des chômeurs, des délinquants, des paquets de jeunes qui comptent vivre sur ce qu'ils gagnent. Un jour que j'étais à Niamtougou, sur les coups de 5 heures, j'ai vu des files de vieilles et vieillards égrotants en file, des marmots luttant contre le froid. ma curiosité m'apprit qu'ils se rendaient à l'aéroport accueillir le président Faure qui devait atterrir autour de 11 h. donc il fallait aller plus tôt et gagner une place. sinon ils risquent de perdre les 500 francs que Faure donnerait. faire des kilomètres, attendre plus de 6 heurs au soleil pour gagner 500 francs de la journée... il faut être un plus que crevard pour le faire. et c'est cet assistanat entretenu qu'il faut combattre. ce sont les sacs de riz distribués pendant les campagnes électorales qu'il faut combattre. ce sont les t-shirts distribués à ces occasions qui développent cette mendicité.
et c'est cette sorte d'assistanat qui maintient dans la misère vos cousins qui "vous saute dessus" pour vous demander de les aider à se soigner ou à scolariser leurs fils.